ST CHARLES
LYCEE POLYVALENT
MARSEILLE
 

Gaia

samedi 16 mai 2015, par J. Carozzi

Nadjima Attoumani

Manon Dauphin

Gaia

Il fut un temps où l’Homme vivait dans un monde souillé par le désir de posséder et de supériorité. Il fut un temps où l’Homme s’entre-tuait. Il fut un temps où l’Homme n’avait plus aucune valeur. Il fut un temps où l’Homme n’était plus humain.

Aujourd’hui, ce monde est révolu.

Nous vivons dans un monde où l’Homme a retrouvé ses principes, où l’Homme se contente de plaisirs purs.

A côté de la Grande place, se trouve le « Mémorial aux Hommes perdus ». J’aime m’y promener et y lire les noms de ceux qui ont emmené la terreur dans l’Ancien monde. Des noms d’hommes, de femmes et d’enfants sont inscrits sur cette grande pierre devant rappeler que l’Homme n’est qu’un homme. Je passe ma main sur le marbre froid et laisse glisser mes doigts sur les noms inscrits.

Le chant d’un oiseau me fait lever les yeux. Il est perché au-dessus de moi. C’est un geai bleu. Son espèce avait disparu. Il se met à siffler et je fredonne avec lui. Je reprend la longue route en caressant les franges de mon foulard.

Ici, les rues sont vêtues d’une pelouse incroyablement verte, où l’on peut trouver arbres fruitiers et potagers que chaque habitant entretient avec envie et dont la ville se nourrit. Par respect pour cette nature, tout le monde y circule en transport en commun ou en vélo... Et quelques voitures familiales fonctionnant avec des moteurs à air.

En arrivant devant chez moi, j’admire les magnifiques dessins qui y sont gravés. Des oiseaux, la mer, des fleurs, un nuage, des chevaux, le ciel, des enfants, le soleil. Des couleurs vives et éclatantes qui me rappelle chaque jour à quel point ma vie est belle.

Toutes les maisons sont ouvertes et toutes vitrées, les âmes n’ont nulles besoin de se terrer... Il n’existe aucun désir de jalousie, de regard ou de jugement . Chacun vit et existe selon son souhait et dans le respect de l’autre. Toutes les habitations sont uniques .

Ce sont de petites maisons individuelles à deux étages avec de petit jardinet mais chacun la customise comme il le veut... Toutes les couleurs, les aspirations et inspirations se mêlent a merveille !

Celle de ma voisine représente la vallée sauvage. J’aime m’asseoir sur le porche de chez moi et contempler les murs d’en face. Je n’ai jamais vu toutes les maisons que la ville pouvait abriter mais j’aime penser que chaque maison renferme un secret mais qui n’est pas aussi caché que ça.

Tout au loin, derrière le quartier résidentiel, on peut apercevoir la forêt. A l’intérieur, il est normal que les sapins et les bouleaux se défient à celui qui reflétera le mieux les rayons du soleil.

Les arbres sont immenses. D’ici, on peut croire qu’ils effleurent le soleil.

Je ferme les yeux et laisse vagabonder mes sens. Je sens la douce odeur printanière, je touche la brise tiède matinale, je goûte aux fruits des arbres, je vois, les yeux fermés, les rivages de la mer Sauvage et j’entends le chant des oiseaux et le battement frénétique des papillons qui virevoltent ici et là.

Les cloches sonnent dix fois : il est dix heures du matin.

C’est l’heure pour moi, d’aller à l’école.

En allant vers mon école, je passe devant les bâtiments qui servent de bureaux. Ils sont tous peints d’une couleur différente et les vitres sont transparentes afin que la lumière et nos regards puissent les traverser. Je sautille devant la boulangerie. Une odeur de chocolat s’empare de moi. Puis devant la librairie, des centaines de livres y sont rangés. La bibliothécaire sort de sa boutique et me sourie. Tout n’est qu’harmonie et sourires.

A la fin de la journée, je décide de passer dans ma cabane secrète. Avant, je passe chez les voisins. Je leur sourie, les remercie, leur souhaite une bonne soirée. Tout est normal. Rien ne paraît déplacé ou forcé.

Je passe devant l’Electionneur de la ville. C’est une sorte de petite maison où y est installé plusieurs sièges et une grande table. La pièce centrale est immense et on peut y recevoir tous les habitants de la ville car il est commun qu’une personne ne se sente pas supérieur aux autres car « la supériorité souille le cœur des Hommes ». Mais comment faire fonctionner une société où personne n’est réellement supérieur ? Où personne ne se prend pour un chef, un dirigeant, un président, un monarque, un dictateur ? Il marche parfaitement bien, du simple fait que tout est à sa place et que chaque décision, chaque action doit être votée ou discutée avec le peuple entier. Chaque personne, enfant ou personne âgée est en droit de dire ou de penser tel qu’il le veut.

J’ai d’ailleurs, l’année dernière, voter pour élire le nouveau garde forestier.

Je passe ensuite devant la fontaine qui est installée sur la Grande place. Plusieurs enfants sont en train d’y jouer dedans. Leurs parents bavardent ensemble, gaiement.

Quand je reprend la grande avenue pour aller au Nord de la ville, je trouve les agriculteurs en train de s’occuper des arbres fruitiers. Ils discutent, échangent sur leur mode de vie tout en nettoyant et cueillant chaque fruit. Il est tout naturel, ici, de faire ça ensemble.

Je lève la main gauche et sourie à mon amie. Elle est en train de jouer avec un petit chien.

Après la fin de l’Ancien monde, les animaux ont été abandonné par leurs anciens maîtres et sont redevenus sauvages. C’est seulement grâce à notre mode de vie, qu’ils réussissent à ne pas avoir peur de nous.

Je me met à courir à grande foulée. L’air est pur et chaque gorgée d’air est un pur plaisir pour mes poumons. Je peux sentir chaque bouffée d’air s’introduire dans mes poumons et je pourrais citer chaque odeur qui s’y engouffre. J’arrive au bas de l’avenue. Je redresse la tête et observe.

Tout au loin, à la limite entre le ciel et la Terre, à la limite de notre paradis et de celui du ciel, se trouve la colline. La seule et unique bosse qui vient cacher l’horizon, domine notre ville. De vastes prairies s’étendent jusqu’au ciel. On pourrait croire que l’herbe caresse les nuages, que la brise printanière effleure le dos des chevaux. De nombreux animaux galopent ensemble, aucun d’entre eux ne pense à une potentielle menace ; il n’y en a pas. Les animaux et les Hommes vivent en harmonie sans avoir peur de l’autre. Les respect est omniprésent entre chaque bêtes. Depuis que l’Homme a inventé une nourriture à base de végétaux, des centaines d’espèces ont vu le jour.

Je m’assoie dans l’herbe et joue avec quelques fleurs. Trois petites coccinelles viennent se poser sur mon doigt. Je passe une main dans mes cheveux et respire une grande bouffée d’air frais.

Je ne comprend pas et je ne comprendrais jamais comment les Hommes, ceux de l’Ancien monde, ont pu détruite cette petite planète. Je ne vois pas comment ils ont pu penser à détruite cela ?

Cette prairie, ces fleurs, cette rivière, ces animaux. Comment en sont-ils arrivés là ?

En ce moment, alors que les fleurs tombent des cerisiers et que les ruisseaux « clapotent », chaque particule, chaque animal, chaque Homme se serait senti invincible. Tout en haut, au sommet de cette colline, la sensation d’être seul et entouré, paradoxalement, me remplie. En redescendant dans la ville, je me sens vivante, réellement. Et je me demande, si un Homme, a déjà pu sentir cela auparavant.

 
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