ST CHARLES
LYCEE POLYVALENT
MARSEILLE
 

La Méditerranée, entre frontière et trait d’union

jeudi 18 juin 2009, par J. Carozzi

Le mot Méditerranée signifie « au milieu des terres ». C’est une mer qui relie de façon naturelle les différents pays qui l’entourent. Elle est, depuis plusieurs siècles, un carrefour entre différentes civilisations. Mais cette mer peut aussi représenter une séparation, un obstacle qui divise et partage. Cependant elle n’est pas qu’une frontière naturelle, c’est aussi une frontière économique, sociale et culturelle.

Depuis l’antiquité, et surtout au Moyen-Age, trois civilisations s’épanouissent autour du Bassin méditerranéen : les civilisations occidentale, byzantine et musulmane. De nombreuses guerres ont éclaté entre elles, comme les croisades. C’est ce qui fait de la Méditerranée une frontière historique et culturelle. En effet la frontière linguistique est très complexe. Même si à première vue, au Nord les langues sont d’origine romane et latine, et au Sud d’origine arabe. D’autres langues comme le grec, les langues slaves, le turc, ne correspondent pas à cette division. Des personnes qui parlent arabe vivent en France et inversement. Ou encore, Marseille qui est sur une frontière, est une ville où l’on parle arabe, gitan, occitan et français…

La Méditerranée est aussi une frontière sur le plan économique, en effet au Nord, le PNB par habitant dépasse les 20.000 euros alors qu’au Sud il est en dessous de 5.000 euros par an et par habitant. Le niveau de vie est donc différent. Au Sud, les conditions de logement sont moins bonnes qu’au Nord, ainsi que la médecine, la scolarisation et la nutrition.

Mais la Méditerranée est aussi un carrefour important. Au Moyen-Age, quantité de produits circulaient entre les différentes rives de cette mer, ce n’est donc pas nouveau. Ce sont ces flux matériels (hydrocarbures, huile d’olive ou produits industriels) qui vont maintenant vers l’Europe, pour répondre à ses besoins, sachant que le pétrole représente une grande partie des exportations. En revanche en sens inverse, du Nord vers le Sud, ce sont majoritairement des produits agro-alimentaires, comme le lait et le blé, qui traversent la Méditerranée. Tout ceci est bien évidement légal. Les drogues et contrefaçons, qui partent surtout du Maghreb pour être revendus en Europe, représentent les flux illégaux.

Mais maintenant parlons de flux de populations. A cause de la différence de niveau de vie, le déplacement Nord-Sud est essentiellement une vague de touristes. En effet, pour les Européens, le Maghreb est peu cher, et le climat est chaud. Cela accentue la différence de motivation aussi, car ils vont au Sud de la Méditerranée pour le plaisir. Alors que dans l’autre sens, c’est pour travailler que nombre de personnes ont immigré. Il faut savoir que les immigrants arrivaient en France comme travailleurs, dans les années 1950 à 70, pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre. Puis grâce au regroupement familial, un flux d’immigrants continue aujourd’hui encore. Ce qui est beaucoup plus dur à calculer est le nombre d’immigrants clandestins, bien qu’il soit vraisemblablement moins important à cause des difficultés et du chômage en Europe. Mais le rêve français reste encore présent dans la tête des Algériens.

Pour finir, on peut qualifier de flux immatériels tout l’argent envoyé, du Nord vers le Sud, par les immigrés à leurs familles. Mais aussi toutes les informations qui circulent, comme la radio et la télévision. De nombreuses chaînes de télévision françaises sont regardées en Algérie, par exemple. Enfin l’argent sale peut être rangé dans cette catégorie.
En conclusion, tous ces critères sont à prendre en compte pour pouvoir qualifier de frontière et de trait d’union la Méditerranée.

Alice R.
élève de 2de 8
Lycée Saint-Charles
Marseille - FRANCE

 
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